dimanche 27 août 2006


"L’apocalypse ne sera pas pour demain" n° 12

Il était une fois un drôle de bonhomme, un homme simple. La véritable simplicité n'est pas chose courante. C'est ainsi que la rue, lieu de révélations, ne présente guerre que des originalités conformes à l'air du temps et des marques. Même la simplicité y est généralement factice. Très loin des conventions, notre homme c'est Raymond, un authentique marin reconnaissable à son pull, sa casquette et ses bottes. Ficelé tel un loup de mer ce n'était en fait qu'un batelier du Bassin (d'Arcachon) qui ne pouvait imaginer un autre accoutrement même longtemps après sa retraite. Il vivait dans une sorte de hangar du coté de l'Aiguillon, plus exactement dans les caravanes qui étaient stationnées à demeure à l'intérieur. Sous les caravanes vivaient ses chiens, les chats étant partout chez eux.
Avec ses animaux il avait trouvé un amour certes pas tout à fait désintéressé mais tout à fait authentique. Pour autant ce n'était pas misanthrope mais il se méfiait de ses semblables et surtout de ceux qui présentent bien. Pour lui il n'était pas admissible que les autres animaux soient légitimement victimes de l'espèce dominante. Il était comme une sorte de conscience.

Rencontrer Raymond ne s'oublie pas. Je me rappelle de ses prises de paroles telles celles que nous échangions en longs palabres caractéristiques des Verts d'autrefois et autres rêveurs en mondes meilleurs... Il avait toujours de bonnes idées plus ou moins farfelues surtout lorsqu'il était question de passer à l'action. Peu suivi donc, il était capable d'agir seul. Aussi les gendarmes le connaissaient-il bien pour être l'homme qu'il faut parfois désenchaîner pour l'empêcher de manifester!
Raymond étant bricoleur, il était donc redoutable pour les tenants de l'ordre établi mais sans être méchant. Son bric à brac de l'Aiguillon contiens surtout d'étonnantes banderoles, autres panneaux de réclames anti-cruautés et ce petit vélo conçu pour pouvoir suivre les plus valides que nous sommes tout en faisant l'homme-sandwich, une de ses dernières créations...

Ces derniers temps Raymond ne pouvait plus que se reposer et souffrir. Il n'avait pas toujours eu de la chance et de veilles blessures se rappelèrent à lui... Bref, sa mort fut une délivrance.

Nous venons d'accompagner Raymond Fraîche en sa dernière demeure (terme consacré.)

Raymond, tu n'as pas vécu pour rien! La simplicité et la sincérité de tes engagements sont un exemple pour nous.
La vie continue et ce que tu a fait ne s'arrête pas avec toi...

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